L’examen parlementaire du projet de loi sur l’enseignement supérieur et la recherche va s’engager dans un contexte assez déconcertant. Il est assez remarquable de voir, d’un côté, des syndicalistes qui demandent l’abandon de la loi, des universitaires radicaux pour lesquels la loi actuelle (LRU) est un mal absolu, et qui accusent le pouvoir de la maintenir - voire de l’aggraver - et, de l’autre, un groupe de ci-devant recteurs qui voient dans la nouvelle loi la trahison de la LRU (à laquelle ils sont globalement favorables) et « la capacité de l’enseignement supérieur à s’autodétruire ». Les syndicats d’enseignants et de chercheurs accusent la ministre de passer à la trappe le rapport Le Déaut dont l’auteur estime, lui : « l’avant-projet de loi reprend largement les conclusions de mon rapport ». Tandis que, parallèlement, le président de la CPU n’hésite pas à affirmer : « Cette loi porte une grande ambition, elle va profondément changer le paysage de l’enseignement supérieur et de la recherche ». Et l’UNEF, de son côté, considère qu’elle a obtenu « des engagements importants de la ministre pour remettre les étudiants au cœur de la réforme ».
Les uns et les autres ne doivent pas regarder le projet de loi avec les mêmes lunettes. L’ennui c’est qu’il faille des lunettes pour porter un jugement.
La situation dans laquelle nous sommes englués aujourd’hui mérite analyse et réflexion, plutôt qu’anathème. D’où vient cette incapacité à avancer dans l’élaboration d’une réforme qui soit autre chose qu’un ensemble de mesures techniques, (les unes formelles, les autres déstabilisantes), sans grands objectifs qui emportent l’adhésion ? Une réforme réussie suppose des forces qui la portent, qui aient une vision claire et raisonnée des transformations souhaitables. L’idée de trouver ces forces par le biais des Assises, a échoué, disons le. Elle n’aurait eu de sens que s’il y avait eu, auparavant, une large prise de conscience des enjeux et des transformations à opérer. On a plutôt eu l’expression d’intérêts hétéroclites, face à une technocratie d’Etat peu portée aux audaces. Il a manqué un travail préalable, comme cela avait été le cas avec les colloques de Caen qui ont engendré, en leur temps, une nouvelle forme d’université. Car une réforme n’est pas la simple résultante d’une loi.
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VIENT DE PARAITRE

La consigne du paradis
Nouvelles
Vivienne MELA
Collection : Ecritures
16,50 € • 154 pages
À la consigne du paradis les portes des casiers s’ouvrent et les personnages s’animent. Manon, fillette éprise de poésie, se bat contre les dictionnaires ; un vagabond transporte dans sa besace ses filles adorées, enroulées dans du papier journal ; Max, employé modeste, se passionne pour le langage des animaux ; Sergio, dans son bureau austère, remplit les armoires de ses rêves… Les portes se referment, les murmures persistent.
L’AUTEUR
Vivienne Méla est linguiste et a enseigné à l’université Paris VIII. Elle a déjà publié des nouvelles dans des revues littéraires.
Extrait
Une lumière floue, humide flotte au-dessus des prés, chargée de l’odeur âcre des moutons, rêche des algues qui sèchent au vent. Je ne vois plus son visage ; je ne sais pas s’il avance ou s’il revient. Il n’est plus qu’un dessin crayonné sur papier gris : quatre traits noirs, surmontés d’une boule noire, qui semblent s’animer si on cligne des yeux.
J’ai envie de rester assise ici, de respirer l’odeur de la nuit qui tombe : la laine mouillée de rosée, la brise salée qui vient du large. J’ai envie d’écouter les suçotements de la terre imbibée d’eau, le bêlement des moutons. J’ai envie de te regarder disparaître. Ce ne sont pas des choses à dire à quelqu’un qu’on aime.
Vous pouvez commander cet ouvrage directement à votre libraire habituel
ou sur le site internet : http://editions-harmattan.fr

Evacuation du camp Rom de Villeneuve d’Ascq (Libération 9.08.12)
« Je souhaite que, lorsqu’un campement insalubre est démantelé, des solutions alternatives soient proposées. On ne peut pas continuer à accepter que des familles soient chassées d’un endroit sans solution ».
« Les Roumains et Bulgares, quelle que soit leur origine, sont citoyens européens. Les mesures transitoires qui limitent encore leurs droits feront l’objet d’un examen objectif en accord avec la résolution du Parlement européen du 25 octobre 2011 et le rapport de la Commission européenne du 11 novembre 2011».
François Hollande (27.03.12)
Loin de l’abjection

Joyeux Noël depuis l’île métisse

Photo D.R.
Tout a été dit sur la récente déclaration du ministre de l’Intérieur suivant laquelle « les deux tiers des échecs scolaires, c’est l’échec des enfants d’immigrés ». Au-delà du mensonge largement dénoncé, ceci renvoie à une réalité politique assez déprimante et nauséabonde. Chacun sait que les forces politiques de droite et d’extrême droite ont lancé depuis quelque temps une offensive en règle contre l’immigration, et que tous les arguments sont bons. Il ne sert à rien de s’énerver contre ce qui relève finalement de la mauvaise foi et du parti-pris idéologique. Mais c’est une bonne occasion pour regarder en face cette réalité des jeunes issus de l’immigration, sans en occulter les aspects paradoxaux.
Le ministre de l’Intérieur prétendait s’appuyer sur un rapport du Haut Conseil à l’Intégration (HCI) de 197 pages dont le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il ne se laisse guère résumer à la formule lapidaire du ministre. Antérieurement à ce rapport du HCI, d’intéressantes études étaient parues qui éclairent ce sujet complexe de l’intégration par l’Ecole. C’est aussi un sujet abordé par les enquêtes internationales PISA. La plupart des commentateurs s’appuient sur les mêmes rapports, mais ils n’en retiennent que les parties qui les intéressent et ils en tirent les conclusions qui leur conviennent, dans une formulation qui n’est jamais innocente. Il est donc intéressant de parcourir ces études avant de se lancer dans la polémique. Les chiffres et les textes cités ci-dessous sont tirés de ces divers documents.
Une précision avant d’aller plus loin : Qu’est-ce qu’on entend lorsqu’on parle d’élèves issus de l’immigration ? Attention ! Ceci peut varier suivant les enquêtes et les rapports considérés.
Il peut s’agir d’élèves de la première génération qui sont nés en dehors du pays et dont les parents sont également nés dans un autre pays, ou bien des élèves de la deuxième génération qui sont nés dans le pays mais dont au moins l’un des parents est né dans un pays étranger. Par élèves issus de l’immigration (ou descendants d’immigrés) on entend le plus souvent en France l’ensemble de ces deux catégories (la seconde étant incomparablement plus nombreuse que la première). Certains de ces élèves issus de l’immigration sont français du fait de l’acquisition de la nationalité française par leurs parents ; les autres pourront le devenir à 18 ans, ou dès l’âge de 13 ans ou 16 ans par déclaration anticipée (en 2008, plus de 55 000 enfants d’origine étrangère sont ainsi devenus français). Ils peuvent enfin vivre de manière irrégulière sur le territoire, sans titre de séjour valable. La situation administrative de ces élèves n’est pas renseignée par les établissements scolaires qui les accueillent. L’Ecole inscrit chaque année des milliers d’enfants sans papiers. L’association « Réseau éducation sans frontière » en recense entre 50.000 et 100.000. Au total, les descendants d’immigrés sont 6 millions, dont 4,3 millions de 15 ans et plus et 1,85 millions de moins de 15 ans.
Il faut noter que l’enquête internationale PISA adopte des définitions un peu différentes dans ses évaluations. Pour PISA, les élèves de la seconde génération sont ceux qui sont nés dans le pays, de deux parents étrangers. Elle compare les élèves issus de l’immigration aux élèves autochtones définis comme nés dans le pays de l’évaluation et dont un parent au moins est né dans ce pays.
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Coiffé sur le poteau, son
Idex n’a pas gagné le jackpot. Il aurait mieux fait de jouer aux machines à sous !
Un retraité de 59 ans a gagné la somme record de 9 420 903 euros après avoir misé 1,50 euro sur une machine à sous d’un casino breton.

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Dans la série « Tout et son contraire », ne ratez surtout pas la lettre du président du jury LABEX, publiée sur le site du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche.
En matière d’enseignement supérieur, toute action devrait s’appuyer sur une connaissance de l’histoire des universités ; mais celle-ci est moins développée que l’histoire de la science. Le Réseau d’études sur l’enseignement supérieur (RESUP) créé en 2002 a eu le mérite d’internationaliser le point de vue et d’échapper ainsi au caractère réducteur des approches nationales ; mais il fait peu de place à l’histoire.
Il s’avère qu’il y a peu d’études sur l’histoire contemporaine des universités françaises. C’est pourquoi ce numéro spécial de la revue Le Mouvement Social est bien venu. Les éditeurs ont pris des risques en sollicitant plusieurs contributeurs non historiens, en ne se contentant pas de faire des synthèses mais en avançant aussi des thèses.
Ce numéro présente un cadrage d’ensemble des évolutions des universités en France depuis 1945, en ne dissociant pas l’enseignement supérieur de la recherche. On y trouve des statistiques sur une longue période, des analyses précises et détaillées des réformes, comme celles qui ont fait évoluer les statuts des universitaires, les relations des établissements avec l’Etat…
Il y a une telle complexité dans les sujets traités qu’on ne peut être entièrement satisfait par un simple numéro spécial de revue, fatalement limité dans son contenu et ses points de vue. Mais ce numéro est très intéressant, tant par sa matière et son style que par les perspectives sur lesquelles il ouvre.